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lundi 20 février 2017

Entretien avec Anne, créatrice de luminaires


Le détournement d'objet "upcycling", est une pratique courante pour les adeptes du bricolage voulant une déco originale et unique. N'étant pas forcément très bricoleuse, j'admire les personnes qui le sont, et qui réalisent de magnifiques objets en en réutilisant d'autres. J'ai récemment pu m'entretenir avec une superbe créatrice, Anne, qui détourne les objets de leur fonction principale pour en faire des luminaires. Il fallait absolument que je vous partage sa façon de penser, de faire, et ses créations !



Anne Le Meur





Ce lundi, je vais donc vous parler du Siècle des Lumières, l'activité créée par Anne Le Meur, qui détourne les objets de son quotidien pour en faire des luminaires. Anne est une mordue de bricolage depuis toute petite. Aujourd'hui, elle conjugue l'enseignement en tant qu'archéologue du bâti et sa passion pour "la chine". Elle adore les vieilles choses et les histoires qu'elles racontent, j'ai eu la chance de m'entretenir avec elle pour qu'elle puisse nous raconter la sienne:





Pourquoi avoir choisi le concept du détournement de l'objet et quelle a été votre démarche?


Depuis plus de quarante ans, j'aime chiner. Je stocke et j'accumule toute sorte d'objets que j'aime avoir autour de moi, comme une caverne d'Ali Baba. Cependant, je n'aurais jamais pu réussir à tous les placer dans ma déco. J'ai alors eu l'idée de les assembler pour en faire des lampes afin de leur donner une nouvelle utilité, une nouvelle vie. Cela donne un nouveau but à mon activité de chineuse.


Anne Le Meur

Pouvez-vous nous décrire vos créations ?


Mes créations sont produites à partir d'objets de toutes sortes: ustensiles de cuisine, pièces mécaniques ou pièces de luminaires anciens, que je replace dans un autre contexte. Ces morceaux sont liés entre eux grâce à leur forme et à leur fonction qu'ils vont devoir remplir dans leur nouvelle vie. C'est typiquement l'idée de la passoire qui devient abat-jour, il ne s'agit de rien de moins qu'une anagramme. Mais la combinaison peut être beaucoup plus complexe avec une poétique indirecte.


Anne Le Meur


D'où viennent vos inspirations?


Pour tout ce que je fais, je regarde ce que font les autres et m'en inspire.
Généralement, l'idée de créer me vient comme ça: je regarde les luminaires tels que produits depuis des siècles puis, regarde les productions du monde de l'upcycling et enfin je me promène visuellement sur mes étagères de stock tout en activant mon logiciel neuronal de création. Mais les idées peuvent surgir de nulle part, par exemple au moment du couchage, dans quel cas le processus de fabrication sera d'avantage virtuel.

Anne Le Meur

" La maturation de l'idée, de la création, que ce soit en littérature ou en artisanat, est un chemin tout en circonvolutions. Il faut accepter de l'emprunter et d'y "perdre du temps" "



Quelles sont les matières que vous utilisez et aimez-vous en travailler une particulièrement?


Je suis une inconditionnelle du métal! Mais j'ai aussi appris à tordre et à souder les métaux cuivreux, cela me permet parfois d'accéder à la forme dont j'ai besoin. Je fais aussi quelques socles en ciment, c'est une matière tendance très intéressante, et elle offre des possibilités contemporaines se conjuguent parfaitement avec les objets qui ont déjà un vécu. Beaucoup d'autres matières me tournent autour, comme le bois, que je commence tout juste à imaginer intégré à mes productions. La maturation de l'idée, de la création, que ce soit en littérature ou en artisanat, est un chemin tout en circonvolutions. Il faut accepter de l'emprunter et d'y "perdre du temps"

Anne Le Meur

Aimeriez vous nous faire partager une dernière petite chose?


Je mène mes deux activités parallèlement: la valorisation du bâti ancien et la fabrication de luminaires. Je prône une philosophie du rassemblement et de l'échange. C'est pour cela que j'ai choisi de développer ces deux activités dans des coopératives d'activités et d'emplois (Scop) tout comme j'ai choisi l'upcycling comme démarche citoyenne parfaitement.

"J'ai toujours pensé qu'une liste de mariage, qui me conviendrait parfaitement, pourrait être déposée à Emmaüs"





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